Né en 1923 à Saint-Loup, dans le département de l’Eure-et-Loire, fils de paysan, j'ai vu le jour dans la maison paternelle; il est bien évident qu’à cette époque aucune femme n'accouchait à l'hôpital et comme c'était souvent le cas alors, la mise au monde ne s'est pas déroulée dans des conditions idéales.
Je suis donc resté bloqué 20 minutes, mon gros papa ayant de gros besoins sexuels, il a poursuivi ses assauts jusqu’aux derniers moments et les coups répétitifs assénés sur mon crâne eurent pour effet de me l’aplatir et de rendre ses arrêtes nouvelles peu compatible avec le couloir vaginal de maman.
Bien heureusement je n’en ai gardé aucune séquelle.

Ma petite enfance fût parfaitement heureuse, élevé parmi les animaux, ils furent mes meilleurs amis. Amis changeant malgré tout puisque régulièrement abattus par mon papa et mangés le dimanche en famille.
Il y eu Joséphine
Hector dont on me força à reprendre deux fois
Emile le porc, mon premier ami dont les restes furent servis pendant près d'une semaine.
Années après années, j’ai appris à attendre l’été. L’arrivée des petits cousins, les grandes cavalcades, les chats perchés, les concours de cerceaux, la fête nationale sur la place du village et tata Marguerite dont la chambre jouxtait la mienne.
Enfin vint l’école, les dictées, les punitions, l’ardoise où l’on résout les problèmes d’arithmétique, les heures de colle du samedi avec la maîtresse, la fenêtre du fond, le ciel, la cour, les cris, les indiens, les voleurs, la maîtresse et enfin le certificat d'étude.



Les vendanges, les jours heureux, les bals, les copains. Le bal et Marie, Marie qui dit non, l’anisette et Marie qui dit je sais pas trop quoi, on s’en fout de ce qu’elle dit Marie, non ? Le père de Marie, les frères de Marie, le fusil du père de Marie et moi qui dit oui. Les pleurs de Lucien et Marie qui se lève la nuit.
